Premiere sortie - canyon

Pour une pratique sécuritaire du canyonisme

​Les informations dans ce texte sont tirées du Guide de pratique et d'encadrement sécuritaires de canyonisme. Nous vous invitons à le consulter pour avoir plus d’informations.


Pour encore plus de ressources et d’outils, nous vous invitons à visiter notre page « Ressources ».

C'est votre première sortie? 

Voici ce que vous devez savoir pour une pratique sécuritaire du canyonisme !

  1. L’environnement en canyonisme peut être exigeant. L’eau, le courant, la température, l’humidité et les roches glissantes doivent être pris en compte dans votre préparation. Vous trouverez plus bas des conseils pour chacun de ces éléments.
  2. Ne pratiquez jamais le canyonisme seul.e. Une équipe de trois personnes est recommandée pour tout type de sortie, idéalement quatre. Si un.e membre de votre équipe est blessé.e et ne peut plus se déplacer, quelqu’un.e doit rester avec la personne blessée pendant que les autres vont chercher de l’aide. Être deux à chercher de l’aide permet de réduire les risques d’accidents liés à la précipitation ou à l’empressement.
  3. Ne laissez personne s’éloigner du groupe;
  4. Un.e des participant.es doit avoir des connaissances en secourisme. Apportez une trousse de premiers soins, et ne la laissez pas dans votre voiture;
  5. Prévenir un.e proche de votre activité et de la durée de votre activité;
  6. Connaître les ressources locales et régionales en cas d’urgence;
  7. Respectez l’environnement autour et dans les canyons. Nos bonnes relations avec les propriétaires, gestionnaires, voisins, partenaires et autres utilisateurs du territoire assurent la pérennité de la pratique du canyonisme.

Planifier votre sortie

Planifiez correctement votre aventure ! Pour cela, vous devez considérer et prévoir :

Les difficultés d’accès au site et les conditions environnementales

  • Votre réseau cellulaire couvre-t-il cette région potentiellement éloignée ?

  • Savez-vous comment accéder au site et vous orienter, même en absence de signalisation ?

  • Avez-vous besoin d’un GPS, et savez-vous bien vous en servir ?

  • Avez-vous les autorisations nécessaires pour accéder au site que vous souhaitez visiter ?

  • L’approche du canyon est-elle difficile (dénivelé, absence de sentier) ?

  • À quel moment de l’année faites-vous votre sortie ? Informez-vous sur le canyon que vous allez visiter !

  • Avez-vous pris en compte la météo prévue et ses effets possibles (pluie, froid, chaleur ou vent) sur votre sortie ?

Les risques potentiels en canyonisme

  • Terrain et topographie : Le canyonisme se pratique sur un terrain accidenté et instable. Les roches peuvent être glissantes, fragiles ou sujettes à l’érosion, augmentant le risque de chute ou de glissement. Les parois escarpées, les étroitures et les espaces confinés peuvent limiter la mobilité et concentrer les dangers, surtout en cas d’augmentation du débit de l’eau. 

  • Mouvement et niveau d’eau : Les cours d’eau en canyon peuvent comporter des courants puissants, des tourbillons, des siphons et des bassins qui peuvent piéger ou déséquilibrer les pratiquant·e·s. Les crues soudaines ou l’augmentation rapide du débit peuvent transporter des roches, des troncs d’arbres ou d’autres débris, rendant la progression dangereuse.

  • Conditions météorologiques : La météo a un impact direct sur la sécurité en canyon. Les précipitations, le vent fort, la brume ou le brouillard peuvent réduire la visibilité et compliquer la progression. Les températures extrêmes présentent aussi des risques : le froid peut provoquer hypothermie ou engelures, tandis que la chaleur peut entraîner déshydratation ou insolation. Le risque de foudre existe selon la géologie et l’exposition du canyon.

  • Faune et flore : Certaines espèces animales peuvent transmettre des maladies ou provoquer des blessures si elles sont dérangées. Il est important de respecter la faune et d’adopter un comportement sécuritaire pour éviter les interactions dangereuses.

  • Interactions avec d’autres utilisateurs : Les canyonistes peuvent croiser d’autres usagers, comme des randonneurs, des baigneurs ou des chasseurs. Ces interactions peuvent présenter des risques si la vigilance et la communication ne sont pas assurées.

  • Noyade : Le canyonisme implique souvent de traverser des cours d’eau, cascades et bassins. Ces passages augmentent le risque de noyade, en particulier si le niveau d’eau est élevé ou si les pratiquant·e·s ne portent pas l’équipement de sécurité approprié.

Les compétences et limites de son équipe

  • Ne pratiquez jamais le canyonisme seul.e. Il est recommandé d’explorer en équipe d’au moins trois personnes, idéalement quatre. En cas de blessure d’un.e membre de l’équipe incapable de se déplacer, une personne doit rester avec la personne blessée tandis que les autres vont chercher de l’aide. Lorsque deux personnes partent chercher de l’assistance, cela permet de réduire les risques d’accidents liés à la précipitation ou à l’empressement dans un environnement parfois difficile et isolé.

  • Il est essentiel de s’assurer de posséder les compétences techniques et les connaissances nécessaires avant d’explorer un canyon. Ne pas avoir le niveau requis peut entraîner des situations d’urgence difficiles à gérer, augmenter les risques, compromettre la planification et rendre l’application des mesures de sécurité et des procédures d’urgence plus complexe.

  • Ne prenez pas de risques, adaptez-vous au rythme de la personne la moins agile, lente, ou craintive de votre équipe. Respectez-vous, et communiquez !

Votre habillement

Comment s’habiller pour faire du canyonisme ?


Bien s’habiller en canyonisme est important pour rester en sécurité, être confortable et bouger facilement. Les vêtements doivent convenir à la descente et à la marche d’approche. Ceux portés pour la marche doivent être rangés dans un sac ou un bidon étanche. Choisissez des habits qui sèchent vite et évitez de porter la combinaison de canyonisme pendant la marche pour ne pas avoir trop chaud.


Si vous faites une activité encadrée de canyonisme, référez-vous tout d’abords aux informations fournies par les gestionnaires de site. 


Un casque, un harnais et une combinaison isothermique vous sont généralement fournis. Vous pouvez cependant prévoir :

  • Des bottes ou des chaussures avec une semelle adhérente pour éviter de glisser, et pouvant être mouillées sans problème.

  • Un maillot de bain ou des sous-vêtements synthétiques qui sèchent rapidement et peuvent être mouillés. pour mettre en dessous de la combinaison.

  • Des gants peuvent être utiles si vous avez facilement froid aux doigts et pour mieux saisir les cordes.

  • Prévoyez des vêtements et/ou des souliers de rechange si applicable.

Vous avez aimé les visites guidées et souhaitez faire du canyonisme de façon autonome ? 

Voici quelques conseils sur l’habillement typique du canyoniste :


L’hypothermie est un des principaux risques en canyonisme au Québec. Pour la prévenir, il est essentiel de bien s’habiller.


Les chaussettes isothermiques, souvent en néoprène et d’une épaisseur recommandée de 3 mm, conservent la chaleur des pieds et sont indispensables en eau froide. Les sous-vêtements synthétiques sèchent rapidement et aident à éviter l’humidité.


La combinaison isothermique, complète ou en deux parties, en néoprène de 3,5 à 7 mm, possède des renforts aux genoux, aux fesses et aux coudes ainsi qu’un capuchon pour maintenir la chaleur. Les modèles en deux pièces facilitent le remplacement d’un élément. Dans une eau très froide, une combinaison étanche peut remplacer la combinaison isothermique, mais elle est moins flottante, plus fragile et coûteuse.


Pour les pieds, des bottes ou des chaussures de randonnée avec une bonne adhérence conviennent aux débutants, tandis que des bottes spécialisées pour le canyonisme offrent une meilleure adhérence et permettent une meilleure évacuation de l’eau.


Bonus : Selon la température de l’eau, des gants isothermiques peuvent être utiles pour ajouter de la chaleur et protéger les mains de l’abrasion. Des gants de protection peuvent également être portés pour protéger les mains lorsque le froid n’est pas un problème.


Équipement

En plus de l’habillement adapté, voici le matériel essentiel de base pour un canyoniste encadré :


Casque : Protège la tête contre les chocs avec les parois, le sol ou les objets en chute. Léger et robuste (polycarbonate), il couvre le front jusqu’aux arcades sourcilières et les côtés de la tête. Équipé d’une jugulaire en Y sécurisée et bien ventilé, il doit s’ajuster parfaitement.


Harnais de canyonisme : Soutient le corps lors de la suspension sur corde. Point d’attache unique très bas à l’avant. Les sangles doivent résister à l’abrasion, idéalement protégées par une gaine. Les harnais de spéléologie sont également acceptés.


Longes doubles et mousquetons : Permettent de se positionner en sécurité sur la corde et peuvent servir de système d’arrêt de chute. Chaque longe est munie d’un mousqueton à chaque extrémité. Disponibles préassemblées ou à fabriquer soi-même.


Descendeur et mousqueton : Pour descendre en toute sécurité sur corde simple ou double. Doit être utilisé avec un mousqueton verrouillable d’au moins 20 kN (souvent ovale en zicral). La combinaison descendeur–mousqueton doit empêcher le descendeur de tourner. Important : choisir un modèle conçu pour le canyonisme et éviter les systèmes assistés.


Sac étanche : Protège le matériel sensible et doit flotter.


Sac de transport : Permet de transporter l’équipement personnel et collectif. Équipé de grilles ou perçages pour évacuer l’eau rapidement et muni d’un flotteur.


Siflet : Assure la communication sonore et doit rester facilement accessible.

Après une formation autonome, le canyoniste autonome doit ajouter le matériel suivant :


Harnais de torse : Maintient le bloqueur ventral en position verticale et facilite la remontée sur corde.


Couteau de sécurité : Conçu pour le sauvetage en milieu aquatique. Composé d’un manche et d’une lame, rangé dans un étui ou système de protection, et idéalement dégainable d’une seule main.


Bloqueur ventral : Appareil adapté à la remontée sur corde en position ventrale.


Bloqueur supérieur : Appareil pour remonter sur corde avec une prise en main ergonomique.


Pédales et mousqueton : Relient le bloqueur supérieur aux pieds. Fabriquées en cordelette statique d’au moins 5 mm ou en sangle spécialisée. La longueur doit permettre une pleine extension des jambes (« assis-debout ») et toucher le sol lorsque le bloqueur supérieur est au-dessus du bloqueur ventral. Un mousqueton à doigt peut relier les pédales au bloqueur supérieur.


Mousquetons de progression : Verrouillables d’au moins 20 kN, utilisés pour les systèmes de descente et la progression. Généralement au nombre de 4, asymétriques et/ou ovales.

Pour tous les détails, consultez la section 1.5 «  L’équipement de canyonisme  » à la page 18 du Guide de pratique et d’encadrement sécuritaires en canyonisme.


Éthique du canyoniste

L’environnement des canyons offre aux pratiquant·e·s une expérience aux valeurs esthétiques et récréatives. Le nombre croissant d’adeptes du canyonisme a tout de même un impact sur l’intégrité des milieux naturels.


Nos engagements pour une pratique durable : 


1. Respectez le milieu naturel

  • Respectez les parcours balisés lorsqu’ils existent.

  • En l’absence de balises, suivez le parcours évident et évitez de multiplier les traces de passage.

  • Ne dérangez pas la faune lors de la marche d’approche.

  • Évitez les zones de préservation et ne perturbez pas la végétation.

  • Ne modifiez jamais le cours de l’eau.

  • Ne buvez pas l’eau des rivières ou vasques sans traitement approprié.

  • N’abandonnez aucun déchet, même minime.

  • Prévoyez des contenants adaptés pour tous les déchets.

  • Éliminez les déjections humaines de manière à ne pas nuire à la faune, à la flore ou à l’environnement visuel et olfactif.

 

2. Respect de la propriété et des personnes

  • De nombreux sites de canyonisme se trouvent sur des terrains privés ou publics accessibles via des terrains privés.

  • Il est essentiel d’avoir sur soi une preuve du droit d’accès et d’adopter un comportement respectueux envers les propriétaires.

  • Avant une sortie, informez-vous des conditions d’accès et des autorisations nécessaires. Respectez les délais et limitez le nombre de participants selon la capacité du site ou les indications des propriétaires.

  • Stationnez uniquement aux endroits autorisés ou de manière à ne pas gêner la circulation.

  • Respectez la tranquillité des propriétaires, responsables de l’accès et voisins.

  • Si le camping est permis, choisissez des sites prévus et laissez l’endroit propre en effaçant toutes traces de votre passage. Ne faites pas de feu et ne circulez pas en véhicule sans autorisation.

  • Adoptez un comportement responsable, respectez l’environnement socioculturel et les autres usagers.

  • Minimisez l’impact : ne cassez rien, ne cueillez pas, et laissez les barrières comme vous les trouvez.

  • Signalez toute anomalie ou vandalisme aux propriétaires et à Spéléo Québec

Si vous désirez aller encore plus loin, si le canyonisme vous intéressent, renseignez-vous auprès de l’École québécoise de spéléologie et de canyonisme (ÉQSC). Des formations techniques sont nécessaires afin de pratiquer le canyonisme de façon autonome. 


Il est possible de prendre contact avec Spéléo Québec au (514) -252-3006 ou par courriel.